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Une histoire de défaite

Mis à jour : avr. 18



On a tous, à un moment ou à un autre de notre vie, fait face à l’échec. Que ce soit pour un projet personnel, un concours, ou même la défaite de son équipe de football préférée. La défaite est similaire à l’échec.


Elle nous tourmente, elle nous attriste. Et dans certains cas, peut même rendre dépressif. Cela s’illustre parfaitement en politique.


On suit un mouvement ou parti politique lorsque ce dernier représente nos valeurs. On se sent plus fort, on est dans une communauté qui partage nos convictions les plus profondes. On s’engage, on milite parce que l’on estime que nos idées valent la peine d’être entendues. Le point culminant de cet engagement est la campagne présidentielle, ou autre, selon le système en place dans votre pays.


Chacun fait de son mieux pour ramener le plus de personnes à la cause de son candidat. Meetings, réunions, causeries, distribution de tracts, une expérience des plus enrichissantes humainement. Quand vient enfin le moment final, celui de la délibération, l’angoisse et l’anxiété prennent le dessus.


C’est pour ce moment que vous vous êtes investis, autant physiquement que moralement. C’est pour ce moment que vous avez passé des nuits blanches à préparer des discours ou rédiger des programmes. C’est pour ce moment fatidique que vous avez donné tout votre temps et toute votre énergie.


Le temps est arrivé à sa fin. Un silence glacial règne dans les lieux. Vous vous tenez par la main avec d’autres militants, les yeux rivés vers l’écran. Le résultat s’affiche, votre candidat a perdu. L’anxiété fait tout de suite place à la tristesse. Certains fondent en larmes, d’autres s’embrassent. D’autres encore, plus dubitatifs, doutent des résultats. Une dame relativise, un monsieur blâme le manque de vigueur du candidat. La tristesse s’en va, la colère la remplace.


Cette histoire, je l’ai vécue en traversant toutes les étapes jusqu’à la proclamation des résultats. On rentre chez soi, la gorge amer, l’amertume se lit sur notre visage. Les jours qui suivent l’annonce des résultats sont les plus difficiles. Des experts de tous bords décortiquent la campagne et votre candidat sur les médias. Vos adversaires politiques jubilent sur internet. Vous rentrez dans quelques discussions houleuses, ça finit toujours mal.


Je l’ai fait pendant près de deux semaines et j’avais l’impression de revivre le moment de l’annonce chaque jour. J’ai donc décidé de faire une cure médiatique et de passer du temps avec moi-même. Il est important de faire le deuil de cet évènement et cela est quasiment impossible en restant connecté.


Je me suis donc déconnecté de tous les réseaux sociaux, je n'en ai gardé qu’un seul pour rester en contact avec la famille. J’ai pris soin de trouver le journal le plus neutre possible, et de ne le lire que le vendredi soir, pour me faire une idée des nouvelles de la semaine. J’ai consacré ce temps à d’autres activités que j’avais délaissées lors de cette campagne.


Cela signifie aussi mettre en pause votre relation avec vos amis militants, pour votre bien et pour le leur. Ou du moins ne plus parler de politique le temps de votre réhabilitation. Il faut être clair là-dessus. La dépression post-électorale est réelle, j’ai donc pris toutes les mesures nécessaires pour ne pas l’alimenter. N’hésitez surtout pas à aller consulter un thérapeute si elle persiste. Vous pourrez retourner sur le terrain lorsque vous vous sentirez d’attaque.


Il est normal de toujours ressentir de la colère, c’est une émotion humaine comme toute autre. Ne laissez personne vous dire que votre colère est injustifiée. Le plus important est de savoir comment l’exprimer. Il existe plusieurs méthodes pacifiques de résistance. Ne tombez surtout pas dans la violence.


Une défaite aujourd’hui ouvre le chemin à une victoire demain. Résistez !



*Article originellement publié sur la plateforme de blogging de l'UNICEF :La Voix Des Jeunes*

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