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Réseaux sociaux ou outils de manipulation des masses ?



J’ai toujours été un avide utilisateur des réseaux sociaux. De Myspace à MSN en passant par HI5 et Skyblog, puis plus tard Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat et j’en passe.


L’aspect social de ces sites a toujours été leur attrait principal. Je pouvais discuter en temps réel avec des gens du monde entier sur des sujets variés. Des communautés se sont créées, des passions partagées, des amitiés improbables formées.


Je partageais des moments de ma vie tous les jours du réveil au coucher sur les diverses plateformes sur lesquelles j’étais inscrit. C’était devenu une véritable addiction.


Avec du recul aujourd’hui, j’ai décidé de largement diminuer mon activité sur internet et de ne la limiter qu’à deux réseaux. La raison est toute simple. Je ne ressens plus ni l’envie ni le besoin de partager certains aspects de ma vie privée.


Même si je n’adhère pas à l’idée de s’ouvrir totalement au monde sur les réseaux sociaux, je n’en condamne absolument pas l’usage. Chacun reste responsable de ce qu’il dit et poste.


Au-delà du rejet de l’intrusion dans mon espace personnel, j’ai pu observer tout au long de mon activité un changement quelque peu alarmant qui a contribué à cette décision.


Aspect addictif


C’est difficile de s’imaginer que l’on puisse devenir accro à son smartphone ou à un média social particulier. Il m’a fallu du temps pour l’admettre et l’accepter.


Pour vérifier son addiction, un test tout simple à faire. Supprimer toutes les applications de son téléphone et compter le nombre de jours avant de ressentir un manque. Dans mon cas ça n’a duré que 3 heures avant que je ne ressente l’envie de me reconnecter.


La question est de savoir comment peut-on devenir accro à un outil que l’on a soi-même choisi d’installer et dont on a un contrôle total sur l’utilisation ?


La réponse est simple, de la même façon que vous reconnaitriez le goût d’un Big mac les yeux fermés ou le générique de la pub de votre marque de chocolat favorite ;).


Je ne vais pas développer ici l’aspect purement psychologique ni les conséquences négatives de cette addiction : la solitude, le besoin de communier avec autrui, de se dissocier de la réalité, le sentiment d’appartenance à un groupe, etc.


De plus, l’addiction est parfois juste une simple habitude qui peut être rectifiée mais qui demandera beaucoup d’effort. Je veux plutôt relever le rôle que jouent les plateformes dans leur formation.


L’algorithme présent sur ces dernières a été créé spécialement pour affecter la partie émotive de nos cerveaux. En effet, il a été relevé que le simple fait de se connecter à un réseau social pouvait procurer des sensations de plaisir au cerveau.


Une dose de dopamine est donc envoyée à chaque utilisation. C’est ainsi que se forment une grande partie des addictions aux réseaux sociaux.

Vous vous connectez de votre plein gré mais vous y restez parce que le système est fait pour.


Partage de données


Les réseaux sociaux sont gratuits Et addictifs. Vous n’y voyez aucune corrélation ? Comment expliqueriez-vous qu’une compagnie qui propose un service tout à fait gratuit emploie plus de 25.000 personnes et génère pas moins de 40 Milliards de revenus ?


Bien que l’idée de départ et celle qui nous est toujours martelé à grande pompe soit de « connecter les gens », ces plateformes ont, et ce, il y a bien longtemps déjà, perdu leur essence de réseau social.


Elles sont devenues aujourd’hui de grandes agences de pub qui font office de réseau social. Il est devenu quasiment impossible de se connecter sur un site quelconque sans y voir une publicité.


Le problème n’est pas tant la prolifération des pubs, quoique très ennuyeuses, qui leur sert de revenu. Le problème est le processus qui a emmené ses pubs à votre écran.


Plus tôt dans l’année, plusieurs scandales sur Facebook ont éclaté. Le plus notoire, et celui dont tout le monde se doutait mais n’avait pas la confirmation étant la vente de données personnelles de ses utilisateurs, sans leur consentement.


Ils sont même allés jusqu’à laisser des compagnies tels que Netflix et Spotify avoir accès aux messages privés des utilisateurs de la plateforme.


On a tous eu ce moment de malaise lorsque l’on discute d’un produit dans une conversation sur Whatsapp par exemple et qu’on se retrouve face à une publicité sur le même produit 10 minutes plus tard sur Twitter.


Il m’est arrivé de discuter oralement de quelque chose tout en ayant mon téléphone posé sur la table, puis de naviguer internet quelques heures plus tard et tomber sur une publicité concernant l’objet de ma discussion. Simple hasard ou Big Brother is really watching ? À vous d’en décider.


Une chose est sure, les agissements de Facebook sont avérés. Ce n’est pas pour rien que juste après la révélation du scandale, toutes les compagnies voyant leur réputation en jeu en fait une mise à jour de leur politique de confidentialité exhortant les utilisateurs à bien relire cette dernière et les assurant de la bonne utilisation de leurs données.


Facebook n’est pas la seule compagnie à le faire. Tous les réseaux sociaux basés sur le modèle de revenus par la publicité partagent plus ou moins nos données avec des annonceurs.


Tant que vous agréez à la politique de confidentialité du site, ils peuvent disposer de vos données comme bon leur semble. 


Influence


Un autre élément très important à relever en plus de l’aspect addictif et du partage de données est l’influence que peut avoir les réseaux sur les individus. La psychologie de groupe est bien réelle et largement documentée. Elle est aussi présente sur internet.


Internet est sans frontières certes mais dans son monde on y vit en tribus. L’aspect communautariste de ces réseaux n’est plus à prouver. On s’associe, follow, like ceux qui se rapprochent le plus de nos convictions politiques, idéologiques, culturelles, de notre race, religion, sexe, vision du monde.


C’est déjà ce qui se fait dans la vie réelle sauf que sur internet, les groupes sont plus segmentés et l’influence plus grande. Il est difficile de prendre le temps de vérifier une information avant de la partager. Avec le système de primauté de l’info et la recherche constante de clics.


Les spécialistes du sensationnalisme et infox (fake news) en tout genre ne se préoccupent pas de la véracité de l’information qu’ils partagent tant que cette dernière est retweetée des milliers de fois. C’est dans ces groupuscules que se propagent des informations qui en viennent à influencer des centaines de milliers voire des millions de personnes.


Les publicités mensongères diffusées sur les réseaux sociaux ont contribué à élire l’actuel Président des USA. Elles ne sont pas le seul facteur mais elles y ont largement contribué.


On peut donc se demander le rôle joué par elles dans nos vies. Il ne s’agit plus là de vente de données ou addiction quelconque, il s’agit du pouvoir de décider de l’avenir d’une nation.


Doit-on interdire la publication d’informations erronées sur ces plateformes ? Qui se chargera de définir ce qu’on entend par information erronées ? Sur quelle base pourra-t-on dire qu’une opinion donnée sur un certain sujet est mieux voire plus acceptable qu’une autre ?


Certains appellent même à une régularisation totale du contenu sur les réseaux sociaux mais est-ce vraiment la solution ? Le rôle des entreprises concernées est évident mais doit-on permettre un tel contrôle d’opinions ? Car c’est ce de cela dont il s’agit. L’opinion qui ne rentrera pas dans les normes sera purement et simplement bannie.


Un exemple plus récent avec la bataille entre PewDiePie et Youtube. Il est traité de néo-nazi affilié à des suprémacistes blancs et l’extrême droite américaine tout en étant espion russe par ses détracteurs. La seule raison pour laquelle il n’a pas encore été banni est sa notoriété. Il a la chaîne Youtube avec le plus d’abonnés dans le monde, un peu moins de 78 millions au moment de la rédaction de cet article.


Rien ne garantit la partialité d’une plateforme ou de ses responsables. Elles restent des entreprises privées et déterminent dans une certaine mesure les règles qu’elles décident d’appliquer. Avec leurs ramifications elles obtiendront le pouvoir d'une autocratie virtuelle.


Les réseaux sociaux ont prouvé leur utilité et se serait faire preuve de mauvaise fois que de leur enlever ce mérite. Il faut toutefois noter que leur intrusion dans nos habitudes et leur influence sur notre manière de penser et d’agir constituent de graves dangers pour nos démocraties.


En attendant que based Elon Musk ne créé sa propre plateforme, restez vigilants sur votre utilisation des différents médias sociaux.

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