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Patrimoine Culturel Africain : pour une restitution

Mis à jour : avr. 18

Parmi les nombreux débats qui animent la sphère afro-panafricaniste de twitter, un en particulier a retenu mon attention. Le Président français lors d’un discours prononcé à Ouagadougou a formulé l’engagement de restituer le patrimoine africain acquis durant la colonisation.


Il y a plusieurs années déjà que la restitution des œuvres d’art africaines présentes dans les différents musées occidentaux est exigée par de nombreux pays. Le principal argument évoqué étant le droit de propriété et l’appartenance d’origine.


En effet, la légalité de l’acquisition de ses œuvres reste à prouver. En période de subjugation totale, le pays dominateur s’est octroyé le droit de prendre, d’autres diraient « piller » les richesses culturelles du continent.


Au-delà de cet aspect, l’éthique et la morale, la responsabilité d’une grande nation face à ses crimes et abus devrait renforcer l’argument pour une restitution.


Plusieurs voix s’y opposent citant notamment la perte pour ses musées de ce qui fait leur fierté et leur grandeur. Que serait le Louvre sans La Joconde ? Ou le Petit Palais sans sa Vierge et l'Enfant ?


Ces œuvres, présentes pour certaines depuis des siècles font partie intégrante du patrimoine des musées dans lesquels elles sont exposées. Dans un monde moderne et cosmopolite, c’est à travers elles que l’on apprend des beautés et des horreurs du passé.


Ce sont ces œuvres qui nous enseignent sur autrui, ses coutumes, sa civilisation. Elles nous permettent de nous ouvrir sur le monde et d’en apprendre plus sur nos voisins, aussi éloignés soient-ils.


Mais peut-on se targuer d’une quelconque grandeur lorsque les œuvres que nous exposons ont été acquises de façon frauduleuse ? Peut-on être fier de refuser à des peuples une partie de leur patrimoine ? Dit patrimoine qui représenterait parfois les 90% des richesses culturelles pour de nombreuses civilisations ?


Oui, les méthodes de conservation, de sécurité et d’entretien des œuvres dans la plupart des pays d’origines ne correspondent pas toujours aux standards internationaux mais est-ce là un argument suffisant pour le leur refuser ?


Les musées soucieux de la bonne préservation d’une œuvre peuvent dépêcher des experts pour former les équipes sur place avant, pendant et après la restitution de cette dernière. Les échanges, quoique difficiles pour certaines œuvres, est une option tout à fait viable.


Un système de rotation d’œuvres entre plusieurs musées permettrait une plus grande visibilité. De plus, il s’agit là d’un gain touristique et économique pour les pays originaires des œuvres.  


Il est grand temps que les pays occidentaux fassent face à leur passé. Reconnaître que ses œuvres ont été pillées ou vendues illégalement serait plus un signe de grandeur que de faiblesse. Au-delà du refus de restitution, il y a aussi là un désaveu certain de la colonisation.

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